Le vélo qui fait voyager

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jeudi 13 juillet 2017

Mouvement de grève

Lille - Le Havre / 11-12 juillet 2017

Tout le corps est en révolte. Ça grince, ça gronde de partout. C'est les genoux qui ont commencé à protester les premiers. Puis c'est tous les membres qui se sont enflammés. Les jambes, évidemment mais elles râlent depuis le km 15 alors ça ne compte pas. Les épaules, le cou, les bras... Petit à petit, tous suivent le mouvement et menacent de faire grève. C'est vrai quoi! Nous autres, on en a marre, on n'arrête pas. 150 km hier et aujourd'hui on s'est mis en route à 5h. On en est déjà à 70 km alors qu'il n'est même pas encore 10h. On pourrait claquer à tout moment que le patron n'en aurait rien à faire. Trop c'est trop!

Mais le patron n'a pas la tête aux négociations.

"Vous allez arrêter de gémir, bande de feignasses" qu'il nous fait. "Certes, il pleut depuis 5h du matin  et on subit le vent de face depuis hier. Et alors? On a un objectif à atteindre ! Alors vous allez fermer votre gueule et vous allez me doubler la cadence pour la peine!!! Non mais."

Il veut rien lâcher, le patron. Il est en route pour le Royaume-Unis. Il a 2 jours et 300 km à parcourir pour rejoindre Le Havre et prendre un ferry. Et qui c'est qui doit se farcir tout ça. Ben, c'est nous autres. On n'est pas des forçats tout de même !

Le patron essaie de maintenir une bonne vitesse pour pas louper son satané ferry.  Pas question de rechigner à la tâche qu'il nous dit. Alors dès qu'on le peut, on donne tout pour pas descendre en dessous des 15 de moyenne mais dès que ça monte un peu, la fatigue nous scotche au bitume. "Allez, appuyez, tas de tire aux flancs!". On a mal de partout. Et au fur et à mesure que la route plisse devant nos yeux, les kilomètres s'etirent à n'en plus finir. Ils s'égrainent au rythme indolent des éoliennes. C'est pas une vie!

Encore, hier ça allait. Les nuages étaient ténébreux mais n'avaient pas tout à fait sombré dans la dépression. Aujourd'hui, ils ont complètement craqué. Et même le vent était tombé à un moment. Le problème c'est qu'il avait entraîné un peu de pluie dans sa chute. Mais rien de grave, l'hémorragie a été vite stoppée.

Au bout d'un moment, le patron nous accorde une pause syndicale. Un café, un jus d'orange, un pain au chocolat, une banane, une barre de céréales, allez, il n'est pas chien quand même.

Quelques étirements plus tard, même si on est tout fourbu, c'est reparti à un train d'enfer. Faut dire que cette prime nous a radouci aussi. Et quand on apprend qu'on n'est plus qu'à une dizaines de kilomètres d'Etretat, c'est l'euphorie générale. Le patron promet même une moule frite en bonus si on arrive avant 12h30. L'estomac et les papilles nous exhortent à tout donner. Le vent et le soleil se sont ralliés à notre cause aussi.

Et bientôt, Le Havre. Il va l'avoir son ferry finalement, l'patron! Et demain, il l'a promis : pas plus de 95 bornes.

mardi 12 avril 2016

Symphonie pastorale

Opération cave à vin - épisode 3 

Ste Maur sur le Loir -> Saumur - 180 km


Cette fois-ci je ne me fais pas avoir. J'avance mon réveil d'une demie heure pour partir à 5h du matin avec pour but de prendre le vent de vitesse.

Et ma tactique s'avère payante car le vent n'est pas aussi matinal. J'engrange les kilomètres sous une couverture pleine d'étoiles. Il y en a tellement que je ne reconnais aucune constellation. En même temps, j'en connais pas des masses. 

Je survole la campagne. Le grand projecteur céleste s'élève peu à peu pour éclairer la scène de ses rayons. Crapauds, oiseaux, insectes, tout le monde fait ses vocalises, depuis l'alto du coq au bariton de la vache en passant par le ténor de l'âne. Seul le faisan et sa voix de crécelle pourrait se faire recaler à l'audition mais on aime bien son plumage d'opéra alors on le garde. Un bambi aux bois naissants joue les jeunes premiers en coulisse. Des biches traversent nonchalamment la route telles des divas... Calme et volupté!

Et toujours pas un pet de vent à part celui que je produis. Je ne parle pas de prouts bande de dégoûtants mais de la masse d'air que je déplace en roulant ! Ça s'appelle le vent relatif. Mais vous avez raison, je deviens trop lyrique.

Vendôme

Il est 8h05. J'ai parcouru 60km et j'arrive à Vendôme juste à temps pour le petit déj'. Je m'arrête à la boulangerie pour acheter des petits pains. Je connais bientôt tout de la vie de Denise, la pétillante boulangère qui rêve de faire le tour du monde avec son mari. Puis je me rends au café d'en face. Denise me rattrape avec une meringue à la main pour me l'offrir. C'est vraiment très gentil! On ne la fait pas au cafetier par contre. "Ah ouais, vous venez de Lille à vélo? Ça va, c'est pas si loin." Il lui en faut plus pour l'impressionner. Il a raison.

Je repars mais cette fois le vent a fini sa grasse matinée. La lutte acharnée à travers la Beauce reprend. Heureusement, le vent n'est pas aussi enragé qu'hier et je maintiens une moyenne correcte. Force et honneur !

- Vendôme, Vendôme... Faut quand même admettre c'est plutôt du vent d'homme!
- Bof, Jeannie Longo, une petite brise comme ça, elle en fait son p'tit déjeuner...
A midi, je me délecte du sandwich et de la meringue de Denise près d'une mare dans la campagne baignée par le soleil. Puis je cherche un village où prendre un café. J'en traverse un où se trouve une gendarmerie. Il doit forcément y avoir un bistrot alors, me dis-je ! je n'avais pas tord.

Puis bientôt il ne me reste plus que 30km. Je suis si près du but que je me sens pousser des ailes. Mes genoux, mon cou, mes épaules, tout mon corps essaie vainement de me faire comprendre qu'il a mal, qu'il est fourbu mais mon cerveau est tellement imprégné d'endorphine qu'il s'en bat le bulbe rachidien.

Je vole à 30km/h. Je prends la roue d'un tracteur et je culmine à 37. Je fonce, je ne lâche rien. Force et honneur: si je maintiens cette vitesse, en moins d'une heure, je serai à Saumur!


Quand le sportif déchaîné qui avait pris possession de mon corps se volatise tout à coup, happé par une bande de sable. Du sable ?!! C'est quoi ce bazar!??

J'ai beau utiliser un maximum d'outils cartographiques pour peaufiner mes itinéraires, vérifier chaque portion avec streetview, google earth et autres, le chemin réserve toujours des surprises. Cette fois, c'est une route forestière qui se prend pour une plage d'Ibiza. Impossible d'avancer, le sable se dérobe sous mes roues. 

C'est l'occasion de revenir à la réalité, de marcher un peu pour me délasser les jambonneaux et de profiter de la merveilleuse forêt de pin qui m'entoure et du parfum de vacances qui s'en dégage. Calme et volupté.
Le Saumur-Champigny aura un goût de banane cette année
Les 15 derniers kilomètres de mon périple s'effectuent ainsi, en mode tranquillou-bilou. Même la grêle qui s'abat soudainement sur moi ne me dérange pas plus que ça. C'est l'occasion de tester le matériel: il est bon. 

Et je suis tout étonné quand j'aperçois enfin les majestueuses tours du château de Saumur à 4 kilomètres de l'arrivée. J'avais presque oublié mon objectif.

Pour terminer en beauté (et achever mes genoux), je grimpe jusqu'aux portes du château où je déguste enfin un verre de Champigny devant un superbe panorama bien mérité. Demain pourra commencer l'exploration du vignoble.

Château de Saumur

Force et honneur, calme et volupté !

 

Ce qui aurait gâcher ma journée :

Rrrien! Même pas quand ma batterie de téléphone a rendu l'âme et que j'ai perdu toutes mes statistiques. Je m'en bats le bulbe!

Journée de galérien

Opération cave à vin, 2e épisode

Chantilly - Ste Maur sur le Loir - 180 km

Je n'avance pas vite aujourd'hui. 

D'abord ce sont les dénivelés de la forêt de Carnelle qui se dressent sur mon chemins.
Puis ce sont les bouchons et les feux de la région parisienne qui me ralentissent. Avec en prime les relents de pots d'échappement qui me prennent à la gorge.
Enfin, arrivé dans la Beauce, c'est le vent implacable, inlassable qui se rue sur moi de toutes ses forces (environ 9 sur l'échelle de Beaufort).

Chartres
 Seul moment de grâce dans cette journée de galérien, la traversée de Dampierre-en-Yvelines et la route des 17 tournants. Soleil, château, forêt de conte de fée, jolie route, ruisselets et petit moulin: tout y est! D'ailleurs l'endroit pullule de cyclos. Ces vieux briscards ne s'y sont pas trompés.

Château de Dampierre-en-Yvelines
La journée s'étire et semble interminable. Le vent me frigorifie. Je mets presque 12h à rejoindre mon gîte du soir. Mais je tiens bon: force et honneur! Je jette tout ce qui me reste d'énergie dans les 15 derniers kilomètres car je suis à 3 gouttes de me faire saucer.

Bonneval
Heureusement, l'accueil de mon hôte airbnb est très chaleureux. Elle ne peut s'empêcher de me préparer une galette provençale malgré mon refus poli. Mes yeux ont dû me trahir... Miam! 

Ce qui aurait gâcher ma journée :

A Chartres, un jeune homme en jean, sac à dos et VTT à gros crampons m'accoste en pestant contre le vent avec une trace d'accent British. Il vient de Paris et veut rejoindre Angers ce soir après avoir couru le marathon il y a à peine quelques jours... Et pis quoi après? Retourner en Angleterre à la nage?!! J'ai l'air malin moi avec mon équipement et mes pauvres 180 km à la journée ! :-). Je doute qu'il puisse arriver à destination aujourd'hui mais je ne veux pas briser son enthousiasme.

mardi 29 mars 2016

[Zythocyclade 007/12 - Authentique Brasserie] Au service secret de sa majesté la Bière !




Z s'est aperçu que le site web de l'Authentique brasserie de Blaton est très artisanal et ceci lui laisse présager d'une micro-brasserie qui le serait tout autant. Mais il veut en avoir le cœur net. Il décide donc d'envoyer ses meilleurs agents secrets en mission zythologique.


C'est ainsi que, depuis St Amand les O, s'élance un groupe de deux fois 007 cyclistes dont le but est de percer tous les fûts secrets de cette brasserie et vérifier si C bières sont aussi authentiques qu'elle le prétend.

Tout se déroule pour le mieux jusqu'à la frontière belge où l'agent 034 est victime d'un sabotage: une vis de son guidon C faite la malle et celui-ci lui reste entre les mains. Certainement un coup du contre-espionnage belge. Heureusement, l'agent 034 s'en sort indemne sans même faire la moindre cascade. C dire si l'entraînement de nos services est excellent. 



La mission est-L mise en danger pour autant ? Non ! Car on n'arrête pas un groupe de zytho-espions aussi facilement! L'agent 057 dégotte un bout de ficelle, un morceau de chambre à R et emberlificote le tout autour de la potence. Et hop! Ils repartent. Le guidon tiendra miraculeusement bon jusqu'O bout.

Il fait beau mais le vent de face ralentit leur progression. Il vient de l'Est. C'est certainement un coup du KGB. 


Après avoir roulé à travers les bois et à travers champs, après avoir aperçu le château de l'hermitage, après avoir suivi des canaux et patiné dans la boue (probablement un coup bas du MI6) ils arrivent enfin à Blaton. Ces espions venus du froid courent vite se mettre O chaud dans la brasserie.


Ils sont accueillis par Frédérick Baert, le gérant, et sa mère qui ne tardent pas à coopérer. Les espions de la bière se restaurent sur place en goûtant les différentes cuvées du brasseur. C'est à la bonne franquette, les relations se détendent, l'atmosphère se réchauffe. Il ne reste que la bière froide.

 
S'ensuit la visite des installations. La salle de brassage fait 5m² à peine. C'est de loin la plus petite brasserie visitée pour l'instant. Mais attention, Frédérick ne fait pas dans la petite bière pour autant et tout le monde s'accorde pour la trouver excellente, qu'il s'agisse de la blonde, de l'ambrée ou de la triple. Pour être sûr, ils en boivent une deuxième. Un agent secret zythologique vérifie toujours ses informations méticuleusement.



Évidemment, le groupe traîne à repartir. Ils se munissent de quelques échantillons puis se remettent en route. 


Ensuite, ils longent D terrils et font le tour du joli village de Condé sur Escaut puis finissent par traverser la forêt de St Amand. Mais auparavant ils suivent d'anciennes voies de chemin de fer qui les mènent à la gare désaffectée de Fresne, ce qui ralentit évidemment leur progression puisqu'ils y font une halte.



Bien qu'ils aient maintenant le vent dans le dos, ils arrivent donc quand même à louper leur train. Encore un coup de la CIA (les Cyclistes Insouciants et Assoupis) sans aucun doute !


Mais leur mission n'échoue pas pour autant: ils sont tellement forts qu'ils arrivent à embarquer dans le train précédent qui était lui-même en retard. Ils arrivent donc à peu près à l'heure pour rendre leur rapport. Un sacré coup de Q qui a certainement dû intervenir car Z n'M pas qu'on lui ramène sa bière en retard !

CQFD

mardi 8 décembre 2015

(Zythocyclade 05/12 - Brasserie St Germain) Une virée au poil !



Chère Maman,

C’est aujourd’hui que nous prenons le train pour accomplir notre mission que nous préparons depuis des semaines.


Voir en plein écran
Dans mon compartiment s’alignent avec moi 4 poilus à la barbe hirsute dont une exception qui confirme la règle. "Pourtant la Ste Barbe c’était hier!", nous fera remarquer le jovial contrôleur. Celui-ci a d’ailleurs une autre mission pour nous. Il va appeler sa collègue dont c’est l’anniversaire aujourd’hui et nous devrons lui chanter « Joyeux anniversaire » à son passage. Aussitôt dit, aussitôt fait, le contrôleur nous remercie même au micro à l’arrivée en expliquant à tout le train le but de notre voyage: partir d’Arras à vélo pour récupérer des munitions à la brasserieSt Germain d’Aix-Noulette et tenter de revenir entier.

Bref, nous partons joyeux, insouciants, la fleur au guidon avec la volonté d’en découdre. Les côtes ne nous font pas peur, maman ! Elles verront bien de quel charbon on se chauffe.
Les terrils de Loos-En-Gohelle ©Poilvain
A Arras, nous retrouvons le commandant Poilvain et son détachement qui viennent de Paris pour nous prêter main forte. C’est la dernière mission Dodéc’houblax de Poilvain et il vient officiellement passer le flambeau à la section Nord. Je me blinde en apparence mais je suis touché.

Citadelle d'Arras ©Poilvain
On quitte bientôt la ville. Dès le départ le tankdem est accablé par une hernie au pneu arrière. Espérons qu’il tienne le coup ! La première percée se fait au Mont St Eloi. Les nouvelles recrues sont un peu décontenancées. Cependant et malgré quelques dégâts (un dérailleur tordu sur le vélo de Poiloris) la place est prise au bout de quelques minutes. Ici on trouve les ruines d’une ancienne abbaye pilonnée pendant la première guerre mondiale. Ses vestiges ont été conservés comme témoins de l’horreur destructrice de ces 4 années de folie meurtrière et on les aperçoit à des kilomètres à la ronde.
Mont St Eloi
Nous repartons. Pour contrecarrer le vent, nous nous jetons de vallée en vallée d’où surgit à chaque fois la pointe effilée d’un clocher qui crève le ciel comme une baïonnette percerait l’uniforme d’un poilu.

Puis nous nous jetons à l’assaut de la crête de Notre Dame de Lorette. A chaque fois qu’un pourcentage tombe sous nos roues, d’autres se relèvent inlassables et toujours plus nombreux. 10, 15, 20%, la montée est implacable. Nous poursuivons malgré les assauts du vent. Les dérailleurs s’enrayent, beaucoup de nos camarades sont arrêtés net et posent pied à terre. Et tout à coup, quand on n’y croyait plus, le sommet ! 
Notre Dame de Lorette
La colline domine toute la région et on imagine bien l’importance stratégique du lieu. Près de 200 000 soldats y ont trouvé la mort entre octobre 1914 et octobre 1915. C’est là aussi que sont enterrés des milliers de poilus. L’alignement de croix de la nécropole, le plus grand cimetière militaire français, donne le vertige mais ce n’est encore rien à côté de la masse de noms qui couvre l’Anneau de la Mémoire. Inauguré en 2014, ce vibrant et émouvant message de paix réunit sans distinction de nationalité ou de religion 600 000 combattants de 40 nationalités différentes morts dans le froid et la boue du Nord-Pas-de-Calais. 
L'anneau de la mémoire
Pas le temps de creuser une tranchée cependant. Il faut avancer pour atteindre l’estaminet. Cinq minutes plus tard, c’est la quille. On profite pleinement de la chaleur de l’endroit car on sait que l’on doit bientôt repartir au front. Les plats copieux nous ragaillardissent mais à peine finis, il faut déjà y aller. L’opération est minutée précisément et le moindre retard pourrait mener notre mission à sa perte. Le brasseur a bien insisté pour que nous arrivions à 14h30 pile !
Estaminet A l'potée d'Léandre
La force du vent et la résistance des montées est plus importante que prévue. Poilubert est en souffrance avec son char d’assaut. Il ralentit le groupe et propose qu’on continue sans lui. Mais on ne laisse personne derrière, bon sang ! Un commando file en éclaireur tandis qu’un peloton reste avec lui pour le soutenir et finalement nous atteignons notre but avec un retard de 5 minutes à peine.

Brasserie St Germain

La brasserie St Germain est connue pour la Page24. Le nom de cette bière aurait été inspiré par un grimoire datant de 1176 sur « La bière et ses bienfaits » dont il manquerait une page sur laquelle un important secret de fabrication était soi-disant révélé. Cette page était évidemment… la page 24. 


Depuis 2002, cette micro-brasserie familiale s’est agrandie petit à petit et a progressivement élargi sa gamme. Il s’agit maintenant d’une brasserie artisanale qui produit plus de 10 000 hectolitres par an. On y apprend qu’avant d’utiliser le houblon pour donner du goût à la bière, on utilisait autrefois toute une variété de parfums comme la coriandre ou l’ortie. On y apprend aussi que l’on consomme 78L de bière par an et par personne dans le NPDC et qu’une soixantaine de brasseries y sont présentes. Les Zythocyclades ont un bel avenir devant elles !
Recherche et Développement: Top secret défense !
Mais il faut repartir avant que les renforts de la nuit ne viennent soutenir le vent pour nous frigorifier. Et il nous reste Vimy à faire capituler.
A la sortie de la brasserie, une nouvelle explosion de dérailleur est fatale au vélo de Poiloris. C’est déchirant, mais on est obligé de l'abandonner sur place car il ne peut plus avancer du tout. Il faudrait amputer la patte de son dérailleur. Il promet qu’il essaiera de nous rejoindre par tous les moyens possibles. Mais il faut être réaliste, on sait au fond de nous qu’on ne le reverra plus.

Nous ne sommes donc plus que 10 à poursuivre l’aventure mais comme on dit, à la bière comme à la bière ! Petit à petit Poilémy et moi-même, qui étions resté auprès de Poiloris pour essayer de le sauver, reprenons du terrain sur nos camarades. On rejoint d’abord Poilubert qu’on retrouve dans un sale état. Il souffre. Il est cramé. Puis on rejoint tout le reste de la compagnie au sommet de Vimy où se trouve un imposant mémorial. Ici, on est en territoire canadien et la terre ravagée par les obus a été laissée telle quelle. On a du mal à croire que des soldats aient pu survivre sous la pluie d’obus qui s’est abattue ici. 

Vimy ©Poilvain
Poilubert et Poilisnak décident de continuer seuls pour ne pas nous retarder car le détachement parisien a un train à prendre. Satanée mission, on ne fait que perdre des camarades au fil des kilomètres. Il fait froid et les assauts du vent redoublent de vigueur. Dans ce paysage de désolation, avec le ciel qui embrase l’horizon et les tirs lointains des chasseurs, nous entrevoyons de façon un peu floue l’horreur qu’a due être la guerre des tranchées.

Mais bien emmitouflés dans nos vêtements techniques, on se fait surtout plaisir sachant qu’un chocolat bien chaud nous attend quelque part dans un bar niché sous les arcades de la magnifique place d’Arras. Lorsque nous atteignons la gare, nous tombons dans les bras de Poiloris qui a réussi à trouver un taxi-VTTiste pour le ramener en ville. Puis c’est au tour de Poilisnak et de Poilubert d’arriver sains et saufs.
Place d'Arras
Encore une virée au poil. Notre expédition pacifiste n’aura finalement fait d’autres victimes que quelques vieilles pièces et des demis ! Et je me dis que tout ce qu’il faut au monde, maman, pour arranger les choses, c’est une bonne bière !

 

Plus rien de nouveau.

Ton cycliste de fils,
Poildudragon

dimanche 8 novembre 2015

(Zythocyclade 04/12 - Brasserie Dupont) La bière sous toutes ses cultures

Il est 7h49, le dernier arrivé vient tout juste de monter son vélo dans le wagon. Les portes se referment aussitôt derrière lui. Et le train part en direction de Tournai sans notre sixième compagnon qui n'a pas réussi à se lever. Nous serons donc 5 à poursuivre cette aventure.

Un RaVel bien réel
5 hommes plein de testostérones. Du coup ça ne fait pas semblant de rouler et on arrive à la Brasserie Dupont avec 3/4 d'heure d'avance malgré notre petit détour par le Pérou.

La Belgique rime toujours avec exotique !

Une dame fort charmante nous fait la visite.


Cette brasserie qui s'est installée dans une ferme de 1759 au début du XIXe siècle est principalement connue pour ses "Saisons". Ceux sont des bières rafraîchissantes que les fermiers préparaient l'hiver avec des ingrédients cultivés sur place afin d'étancher la soif de leurs ouvriers agricoles au printemps.

Pas étonnant que cette bière plaise aux cyclistes

Ensuite, nous passons à la dégustation. Il ne s'agit pas d'en boire une, ni deux mais de découvrir pas moins de 3 bières parmi toute la gamme de la brasserie.  Et même 4 puisque des visiteurs automobilistes et prudents nous donnent leur dernier galopin. Le tout est accompagné de coupelles de fromage.


Puis nous allons voir l'inénarrable Marco qui s'occupe du magasin pour récupérer notre pack découverte de 6 bières inclus dans la visite.


Pour finir en apothéose, nous lui achetons de la Triomf, une bière dont le malt tourbé lui confère une saveur de whisky. A l'origine, elle fût spécialement créée à la demande du Vooruit de Gand qui voulait fêter ses 100 ans en mettant à l'honneur son passé de brasserie. Cependant, nous avons la Triomf modeste et nous n'en prenons qu'une bouteille chacun.

Taverne St Géry - Aubechies
Après cette halte nous poursuivons notre route lors d'une étape terrible de plus de 1.2 km pour nous rendre à la Taverne St Géry où nous avons prévu de nous restaurer. Et oui, c'est très dur les zythocyclades, il faut savoir gérer les quelques minutes de vélo suivies de 4 heures de pause intense!

 
Des verres trop larges pour les Belges mais parfaitement adaptés à la grande gueule des français selon la patronne !

L'accueil est sympathique, l'endroit charmant et la nourriture excellente (saumon au speculoos, lasagnes à la joue de boeuf, ...). On s'y attarde jusqu'aux alentours de 15h. Bien que nous allions à Mons par les chemins de Tournai et malgré un petit vent de face salace nous atteignons la Capitale Européenne 2015 une heure et demie plus tard à peine.

Passage sous The Passenger
On paresse un peu avant de reprendre le train.

Les Paresseux
Mais un petit tour en ville s'impose pour apprécier les diverses installations d'artistes qui ornent les rues et terminer cette aventure de manière éblouissante.

 
Un accès aux quais Electrosuper !

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vendredi 8 mai 2015

Highway to Hell

Oyez, Oyez braves gens ! Nos deux cyclistes sont arrêtés sur le bord de la route, sous une pluie si épaisse qu'on dirait de la neige fondue et ne peuvent plus avancer: ils ont cassé leur chaîne.
 
L'espoir de pouvoir visiter le château de Leeds où Sir Bike-a-lot & Lady Tandemton ont réservé une nuit dans une tente de chevalier en prend un coup.


Pourtant tout avait bien commencé. Ils sont partis de bonne heure, (10h, oui, c'est tôt pour eux!) et ont mis le cap sur Greenwich d'où ils ont pu admirer l'horizon londonien une dernière fois.


Cependant, le temps qui avait commencé à se dégrader à leur arrivée dans la capitale s'est transformé en tempête. Il fait froid, il pleut par intermittence et le vent souffle fort du sud-est, c'est à dire en plein dans leur poire !

Mais tout n'est pas perdu. Sir Bike-a-lot a embarqué quelques maillons issus d'une autre côte de maille pour ce cas de figure. Ils ne sont pas exactement de la même taille, mais après une vingtaine de minutes d'efforts, ils peuvent repartir.

Malheureusement, ils ne sont pas au bout de leurs peines. La route qui n'était pas des plus agréables s'est empirée depuis qu'ils ont rejoint la national cycle route 177. Mais qui donc a tracé les véloroutes en Angleterre? Ont-ils au moins fait du vélo un jour!?! Comprennent-ils l'intérêt de voyager à vélo?

Bref, en suivant cette véloroute, qui devrait être tracée aux petits oignons pour être agréable, plus pratique et plus sûre pour les cyclistes (dans la tête de gens doués de bon sens), ils se retrouvent coincés derrière une barrière de sécurité sur une bande d'un mètre vingt de large au bord de l'autoroute. A chaque sortie, ils doivent se taper des déviations qui passent sur les trottoirs et entre des grilles sous prétexte de les protéger alors qu'elles font simplement en sorte qu'aucun piéton ne puisse ralentir le flot des voitures toutes puissantes. Le vacarme est tel qu'ils ne peuvent même pas discuter. Pour le côté agréable, pratique et plus sûr, on repassera! Ou pas...

Oui, à droite, c'est là que passe la véloroute !
Bucolique, cette piste cyclable, n'est-ce pas?!

Sir Bike-a-lot et Lady Tandemton ne tiennent pas plus de 2 kilomètres avant de quitter cette route de merde (Pardon my French). Ils préfèrent encore mieux rallonger le parcours et affronter les automobilistes anglais. La visite de Leeds Castle s'éloigne encore un peu plus mais au moins, ils pourront profiter du paysage, respirer un air plus sain et entendre les oiseaux pour se donner du courage dans les montées.

Cela dit, c'est pas encore gagné car beaucoup de fauves ont été lâchés sur les routes aujourd'hui. Même la plus petite des routes de campagne vomit son flux d'automobiles comme un gamin qui aurait la gastro au lendemain de Pâques. De plus, tout le monde semble s'être donné le mot pour leur faire des crasses. En fait non, c'est juste la façon de conduire de près de 95% des anglais.

Les heures passent... et ça monte toujours... et le vent souffle toujours... et il pleut... et ça n'avance pas!

Rochester
Ils font une pause à Rochester, la ville natale de Dickens. Le centre touristique est mignon. Autour, la tristesse économique est palpable. Puis ils rejoignent la Pilgrim's way. Le cadre devient enfin joli et sympathique mais nos deux valeureux cycloguerriers n'en profitent pas tellement. La route joue toujours les montagnes russes et ils sont cuits:

- Oh, regarde !
- Quoi?
- Ben là, il y a une oast house*, c'est joli!
- Une oast quoi? C'est pas le château?
- Ben, non c'est un bâtiment qui...
- Je m'en fous ! Si c'est pas le château de Leeds, ça m'intéresse pas!

Ils atteignent enfin leur destination. Leeds Castle a fermé ses portes depuis une demie-heure déjà. Mais Sir Bike-a-lot et Lady Tandemton n'en ont cure ! Ils ont hâte de rejoindre leur tente pour se délasser.

Même le vélo n'en peut plus !
Après cette dure journée, ils apprécient d'autant plus le confort de l'endroit:
Douche luxueuse, cuisine équipée, tente feutrée avec poêle à bois, coiffeuse et sèche-cheveux pour Lady Tandemton, promenade au crépuscule autour du château désert de touristes et surtout un lit douillet avec bouillotte et profusion d'oreillers pour bien zzzzzz zzzz zzz zzzzzzzzzzz !



* Si vous n'êtes pas cuits à la lecture de cet article, une oast house est un bâtiment à toit conique  surmonté d'une cheminée à capot qui permet de faire sécher le houblon, étape indispensable au brassage de la bière.