Le vélo qui fait voyager

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lundi 20 juillet 2015

Jászboldoghasa

À vos souhaits !

Où deux profs en vacance plantent-ils leur tente après une bonne journée de vélo? Dans une cour d'école, évidemment!

Que c'est bien une école sans élève :-)

Il est 18h et ils sont déjà à 80-90km de Budapest dans un petit village paisible.
Pourtant Virág et Palinka ont eu beaucoup de mal à quitter Budapest.
 
Il faut dire qu'ils ont été chouchoutés par leurs amis hongrois: thermes, marché, bars en ruine, concert, barbecue, randonnée le long du Danube, balade en bateau ou en bubi. Ils ne se sont pas ennuyés.






Les bubis sont les vélos libre-service de Budapest (BUdapest BIkes). Seulement, ça se prononce comme le mot "booby" en anglais. Ce qui peut porter à confusion lorsqu'on cherche une station de vélo et qu'on s'adresse aux gens en disant: "I'm looking for bubis" ou lorsqu'on déclare son admiration pour ce système : "I love bubis!"

Mmmh, bubis !

Virág et Palinka se sont donc élancés en direction de Debrecen après un petit déjeuner bien costaud vers 11h00. En plein cagnard...

Heureusement, il y a des fontaines partout !

Wanted! 
La route n'est pas aussi plate qu'en Hollande mais nos deux cyclistes ont avancé à bon rythme sur des routes interminables, filant droit à travers des champs à perte de vue.

Pause bière pour les locaux... Il est 10h00
L'ombre est rare. Parfois, ils traversent un village, ce qui leur permet de troquer l'eau chaude de leur gourde pour de l'eau fraîche. À chaque fois c'est l'eau-rgie!

Virág et Palinka sont donc bien fatigués et s'apprêtent à profiter du calme ambiant pour passer une bonne nuit.

Mais dès qu'ils ferment les yeux, le village se transforme en boite de nuit endiablée. Pas un mais deux DJs se font concurrence depuis chaque bout du village pour emplir l'air de boucan dansant...

La nuit va être longue!

vendredi 27 février 2015

Lille -> Laon : Sous le signe de l'eau !

Dès le départ, cette expédition a failli tomber à l'eau! Des petites racailles ont fracassé la voiture de Grenouille qui a dû passer son temps au commissariat au lieu de préparer le pique-nique tandis que dehors, il pleuvait à n'en plus finir.

Mais à 16h, le ciel sèche ses larmes. Crapaud et Grenouille en profitent pour se jeter à l'eau, la besace vide de victuailles. La première étape n'est pas bien longue de toute façon, à peine 35 km. Le soleil commence à se coucher et ils se prennent pour Jonathan et Wilhelmina Harker: C'est la course pour arriver avant la nuit tandis que le ciel rougeoie à l'horizon! L'étape est vite passée.

Le long de la Scarpe
Par contre, le lendemain c'est une autre histoire. La pluie et le vent ne leur laissent aucun répit pendant les 120 kilomètres de trajet qui s'écoulent goutte après goutte. Même en descente ça n'avance pas! Soit à cause du vent et de la pluie qui fouettent leurs yeux, des virages dangereux ou, lorsque la route est dégagée et qu'ils pourraient prendre de la vitesse, à cause de perfides carrefours qui coupent leur élan.

Rien (Rrrrien!) ne leur est épargné. Grenouille et Crapaud sont trempés jusqu'aux eaux. A croire qu'ils se complaisent dans l'humidité. Pas vraiment en fait...

Et puis, il y a la question de la nourriture. Il est presque midi et pas un seul commerce, pas un seul kebab, pas une seule pizzeria, pas le moindre PMU ou la moindre boulangerie croise leur route dans ce désert vert et brun qu'est la campagne française. Champ après champ, les tenailles de la faim leur serrent de plus en plus l'estomac. Ils se mettent à délirer avec les noms des villages traversés. Quelques échantillons: "On part, Serain" ! Ou encore:

Crapaud - Hem-Lenglet !
Sans trop y croire, ils décident de faire un détour par Carnières (prononcez "kernièère") pour voir s'il n'y aurait pas quelques magasins d'ouverts ou au pire acheter quelques victuailles chez un particulier. Gros coup de bol, ils trouvent en ce village une véritable oasis: boulangerie, épicerie digne d'un film des années 50 et un café qui se vante de vendre des pizzas.

Mais non, les pizzas, c'est que le soir. Et ils ne peuvent pas non plus manger leur quignon de pain et leurs chips qu'ils viennent d'acheter à côté au chaud car le midi on ferme tôt. On a certainement hâte de manger ce que bobonne a préparé en buvant son pinard devant les conneries de la TV plutôt que de gagner une misère en vendant 2 malheureuses bières et 2 cafés. On les renvoie donc dans le froid en leur indiquant vaguement la direction d'une friterie. Fermée elle-aussi, évidemment.

Là, Crapaud commence franchement à se décourager et se dit qu'ils n'arriveront jamais à destination. Mais aqua ça rime de se plaindre, il faut avancer. Et tour de pédale après tour de pédale, côte après côte, ils se rapprochent doucement de leur destination.

En chemin, ils apprécient quand même le passage dans les marais de Féchain où la Sensée se perd en marécages et en étangs dans les anciennes tourbières, la source de la Somme, l'ancienne abbaye de Ribemont cernée par les eaux en crues de l'Oise et de la Serre et les villages blottis au creux de vallées embrumées. 

Fonce, homme, aux sources de la Somme !
Tellement embrumées qu'ils ne verront même pas Laon dont les hauteurs auraient pu leur redonner de l'espoir s'ils les avaient aperçues au loin. Ayant pris froid après une pause pique-nique, Crapaud finit les 34 derniers kilomètres avec des crampes qui lui tordent le ventre tandis que ses épaules lui font souffrir le martyr. Heureusement Grenouille l'encourage et il tient bon sans vomir ses tripes. Ils arrivent enfin au bout de leur périple alors qu'ils n'y croyaient plus, complètement rincés.

Et vous croyez qu'ils sont dégoûtés des voyages à vélo? Même pas. Et maintenant, pour finir en beauté: au bain !