Le vélo qui fait voyager

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mercredi 16 novembre 2016

La chasse fantastique

11-12-13 novembre 2016

C'est l'automne et c'est le temps de la chasse. Il parait qu'il y a tellement de sangliers dans les Ardennes que les chasseurs sont obligés d'atteindre leur quota de bête morte sous peine d'amende. Et on y aurait même aperçu un loup ! 

La chasse aux cols est ouverte dans les Ardennes
Alors j'ai décidé de m'y mettre moi aussi et de battre la campagne dans ce pays de contes et légendes pour y débusquer 10 petits cols répartis des deux côtés de la frontière avec mon fidèle braque bleu. Même s'ils sont modestes, j'espère bien les glisser dans ma gibecière.

Non, mais quand je disais que je partais à la chasse aux cols, c'était une image...
En chemin, je rencontre Charlie, un petit bout de 6 ans, qui m'embarque dans son camper-van en lego jusqu'à l'île de Pantelleria au large de la Sicile où il fait très chaud et où les maisons s'appellent des Dammuso. Bientôt, il va faire un grand voyage à vélo avec ses parents, de Namur à St Petersbourg.

Je quitte son petit coin de soleil pour pénétrer le glacial brouillard ardennais. Il est si persistant, que c'est lui qui finit par pénétrer mes vêtements imperméables. Bientôt, je ne sens plus mes pieds. Alors je m'arrête dans une auberge pour me réchauffer.

La brasserie de l'abbaye de Rochefort. Visites interdites.
Un vieux monsieur vient me parler. Il a la peau aussi fine et diaphane que de la feuille de brick. En lui serrant la main, je m'attends à ce qu'elle se craquelle. Tout à coup, je me retrouve en Camargue en 1955, un jeune homme de 17 ans s'est écroulé dans un fossé, terrassé par la fièvre. Il avait quitté son collège de jésuites en Belgique pour découvrir le monde et goûter au concept de la liberté, le seul mot qu'on ne lui ait pas enseigné dans son école. Heureusement pour lui, un groupe de gitans l'a recueilli et l'a soigné pendant des jours avec des remèdes à base de plantes. Il a donc décidé de passer un bon bout de sa vie avec eux avant de continuer à explorer le monde puis de revenir au pays. Il me rappelle un poète qui était venu faire l'école buissonnière dans ces parages.
Il est d'ailleurs temps pour moi de poursuivre mon périple à travers les collines ardennaises, le long de la Meuse et de la Semois, tout en évitant les chasseurs afin qu'ils ne me fassent pas deux trous rouges au côté droit.

Au détour d'un méandre, je m'installe à la terrasse d'un café, histoire de tenir une tasse chaude entre mes doigts. Il a neigé en haut du dernier col et je suis glacé. Jean vient s'installer à côté de moi et me demande si ça me dérange s'il fume une roulée. Je lui réponds que non. Il me dit que ça ne le dérange pas non plus que je boive un café. J'aime déjà beaucoup Jean.

Drôles de champignons
Puis il me demande si je connais Jacques Brel. Pas personnellement, que je lui réponds. Alors il m'emporte jusqu'aux îles Marquises où le grand Jacques est enterré. Et après quelques minutes, me voilà dans la garrigue, près de Toulon, alors qu'un incendie ravage la forêt. Jean a deux côtes cassées à cause d'un accident de moto. Malgré tout, il pourrait partir pour se mettre à l'abri du danger, mais il préfère rester aux côtés d'un ami qui ne veut pas laisser ses chèvres périr seules dans les flammes.

Ces chèvres gourmandes ont failli se faire roussir aussi
Finalement elles ont épargné la chèvrerie, mais on a quand même eu chaud. Pour me rafraîchir, je plonge à nouveau dans la brume ardennaise en me demandant quelles nouvelles histoires, réelles ou rêvées, elle va m'offrir.

Le village de Lessive et ses habitants échassiers, les chabots
Avec tout ça, je ne sais d'ailleurs plus très bien où je suis. Si j'en crois les couleurs de la forêt, j'ai dû découvrir, par mégarde, l'Eldorado tant convoité des conquistadors.
Le plus haut col s'élève à 464m mais c'est déjà du relief de montagne
Et la chasse aux cols dans tout ça...  Les kilomètres parcourus, le dénivelé, ... Ca n'a pas tellement d'importance. Une seule chose compte, c'est que le loup rôde dans le brouillard des Ardennes. Je l'ai vu !


Pan !


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mardi 15 septembre 2015

(Zythocyclade 02/12 - Abbaye d'Orval) EPO: Ensemble Pour Orval !


Malgré des prévisions météorologiques peu alléchantes et un tandem en piteux état après son périple jusqu'à Istanbul, voici que Sylvain et Sylvette se retrouvent dans un TER pour  Charleville-Mézières à 6h35 un samedi matin. Mais qu'est-ce qui les pousse à braver les éléments à ces heures indues?!

Ils s'en vont rejoindre 6 joyeux compères pour une balade jusque Orval où se niche une abbaye trappiste. Ce n'est pas Sylvain qui a organisé la rando mais ça comptera quand même pour sa zythocyclade de septembre !

Le trajet dure environ 3h mais ce ne sera pas de trop pour effectuer les menues réparations sur le tandem: changer les guidolines, régler les freins, remplacer un adaptateur de potence, ...

Heureusement, à cette heure-ci, le TER est désert et quand ils arrivent enfin au bout de la ligne, le tandem est prêt à affronter le terrible dénivelé ardennais: 1580m de D+ en 140km sur 2 jours.

Ca ne monte pas haut mais le dénivelé pique un peu
Le relief met les mollets à rude épreuve mais la petite troupe n'oublie pas son objectif et se tire gentiment la bourre pour se motiver. Ils slaloment entre les averses qui n'arrivent pas à les atteindre malgré tous les efforts des nuages.

256 nuances de gris, mais pas de pluie
Fouissage de sanglier. Y'a pas de doute: on est bien dans les Ardennes ! ©JJ92
Brasserie bonus sur le chemin? Oui... mais non, c'est fermé.
Après une soixantaine de kilomètres à descendre, monter, descendre et remonter et remonter encore, ils aperçoivent l'abbaye au bout de la route. Elle se veut mystérieuse et ses vieux murs de pierre jaune se cachent derrière un voile de brume. Elle n'en paraît que plus fantastique.

Château de l'abbaye d'Orval
Abbaye d'Orval au loin
Pas sûr qu'il passe inaperçu aux contrôles d'alcoolémie...
Tellement fantasmagorique même qu'ils ont peur qu'elle disparaisse comme un mirage en s'en approchant. Ils préfèrent donc s'arrêter d'abord à l'Ange Gardien où ils sont sûrs de pouvoir étancher leur soif avec de l'Orval verte.


Dégustation de la petite Orval (alias l'Orval verte) à l'Ange Gardien
C'est une bière blonde moins forte que sa grande sœur (4.5%) que les moines brassent pour leur consommation personnelle. Ils s'y connaissent les moines et la "petite" Orval n'a rien à envier à son illustre parente ! C'est vraiment une excellente bière que nos compères découvrent, une bière très désaltérante qui fleure bon le houblon frais. A moins que ce ne soit la soif ou l’exaltation des kilomètres à vélo qui affolent leurs papilles. Malheureusement, ils ne pourront pas le savoir, on ne peut déguster cette bière qu'ici, à la pression.

Pavé du Paris-Roubaix? Non, un fromage d'orval !
Nos compères se dirigent ensuite vers l'abbaye pour acheter quelques bouteilles d'Orval classique afin d'accompagner les victuailles qu'ils ont prévus de manger au camping. Ils ont force saucissons et fromages divers, mais ils emportent en plus un fromage de l'abbaye vendu par pavé de plus d'un kilo ! Ils n'en feront qu'une bouchée.

Un chargement bien précieux ©Gitane
Des trois abbayes trappistes que Sylvain et Sylvette ont déjà vu (Westvleteren et Chimay), c'est de loin celle-ci la plus jolie et celle qui paraît la plus authentique. Ses murs suintent un passé riche d'histoire.

l'Abbaye d'Orval laisse certains d'entre nous perplexes.

Abbaye d'Orval
C'est d'ailleurs le cas de toutes les Ardennes, qu'elles soient françaises ou belges. Les villages traversés sont plus pittoresques les uns que les autres.
Pont St Nicolas - Chiny

 Mais ils n'ont qu'un petit weekend à leur consacrer. Alors, après une nuit assez spartiate au camping "Le Canada" qui, comme beaucoup de campings, privilégie les affreux mobile homes plus rentables au détriment des vrais tentes de campeurs, le groupe file quasiment en sens inverse à la vitesse du TGV. C'est qu'ils ont un train à prendre !

Le dénivelé n'est pas beaucoup plus tendre avec eux et les cuisses fument! Malgré tout Sylvain et Sylvette imaginent déjà d'autres zythocyclades au long cours dans le coin qui feraient davantage justice à la région: Ciney, Rochefort, ... Les possibilités sont immenses !

Compte-rendu de JJ92



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Jour 1: Charleville-Mézières-Orval-Chiny: 80km D+ 855m
Jour 2 : Chiny-Charleville-Mézières: 63km D+ 721m