Le vélo qui fait voyager

jeudi 7 juillet 2016

[Zythocyclade 11/12 - La St loupoise + Quentovic] Le Touquet au soleil...



... C'est quelque chose que l'on ne verra jamais !

12 et 13 juin 2016 - Attention, 28 chansons se cachent dans cet article.

Pas sûr que ce soit beau même au soleil...
Eh oui, on s'était donné rendez-vous en se disant "Allez, voilà l'été, vamos à la playa ! En partant d'Hesdain et en visitant une ou deux brasseries au passage".

Mais la virée a plutôt tourné au naufrage. Peut-être parce que le nom de la bière du premier brasseur s'appelle Titanic. Tout commençait bien pourtant, sous le soleil exactement.


La première brasserie, la St Loupoise, est vraiment artisanale. Les cuves d'empâtage et d'ébullition sont d'anciennes cuves à lait, les installations sont dans les dépendances de la maison.


Ce n'est pas l'activité principale du brasseur et il brasse manuellement au fourquet. J'aime bien le principe. Malheureusement pour moi, il fait des bières plutôt typées anglo-saxonnes et même s'il est passionné et très inventif, ce n'est pas le type de bière que je préfère.


 On poursuit notre route mais le temps tourne bientôt à l'orage.


On fait la course avec la pluie et on se réfugie chez Quentovic avant que l'orage n'éclate. Cette brasserie est gérée par 2 amis qui viennent à peine de se lancer dans l'aventure mais ils ont de l'ambition et ont pensé à tout, du business plan au pitch marketing.

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Au début, j'ai peur que la visite ne soit un peu trop industrielle. Mais finalement on s'y trouve bien dans cette brasserie aux allures modernes pendant que la pluie fait des claquettes sur le toit. Les deux brasseurs ont encore gardé de la fraîcheur et leurs yeux pétillent de gourmandise quand ils parlent de leur bière qu'ils nous font déguster généreusement et de la cuisine qu'on pourrait lui associer.


Une fois l'orage calmé, nous reprîmes notre route vers Montreuil sur Mer. Mais nous n'allions pas pouvoir nous baigner tout de suite, car la mer s'est retiré des abords de la ville fortifiée depuis bien longtemps.


Il s'agit en fait d'un ancien port viking qui s'appelait autrefois Quentovic, d'où le nom de la brasserie toute proche. Nous nous sommes juste contenté de faire le tour des remparts de la ville.


Et, comme on a voulu voir la mer, comme toujours, il fallait encore pousser jusqu'au Touquet car on espérait toujours faire trempette.

Je préfère St-Loupoise-plage ou Quentovic-plage
Ce qui fut fait. Mais pas comme on l'imaginait car,  une fois encore, la pluie nous a rattrapés. Ce n'était vraiment pas l'été indien, on se croyait plutôt au mois de novembre, mais on s'en fichait. L'eau tombait sur nous mais  glissait comme de l'huile sur nos gore-tex et on roulait en chantant sous la pluie.

Cycling in the rain, just cycling in the rain

Les filles du bord de mer avaient déserté la plage, toutes les attractions étaient vides. Et c'est triste quand on pense à la saison des vacances et des chansons. Alors on a juste mangé deux trois moules à la plage en se demandant qui pourrait bien arrêter la pluie.


Puis nous avons pris le train pour rentrer.


Tout a un petit côté nostalgique et désuet

Heureusement pour nous consoler, il y a toujours la bière qu'on boit dans ces verres qu'on lève et qui ôtent le sel sur nos lèvres.


Bref, je crois bien qu'on s'est fait entuber par le mois de juin! Il n'y a pas le ciel, le soleil mais heureusement il y a la bière!

mercredi 6 juillet 2016

[zythocyclade 10/12 - Atelier des brasseurs, Linselles] Une Brasserie qui a du chien


21 mai 2016

Faut dire que le zyhtomissaire a l'ouïe fine. Et ça pétillait tellement à 15km de Lille, du côté de Linselles, que ça lui a mis la puce à l'oreille. Du coup, il a mis ses 8 meilleurs limiers sur l'affaire. 

Linselles
Ceux-ci ne se firent pas prier. Ils en avaient marre de tourner en rond dans leur cage et avaient bien envie de se dégourdir les pattes. Ils se jetèrent avidement sur la piste du gang des Linselloises qui sévissait aux abords des Flandres françaises et ne tardèrent pas à en retrouver la trace.


Mais l'affaire était trop tranquille pour ne pas réserver quelques surprises. A la sortie d'un virage, alors que la brigade était totalement concentrée à se distraire, un molosse patibulaire leur barra subitement la route. La bave aux lèvres et le regard torve, il se jeta sur eux, toutes griffes dehors, les tétanisant de peur sur place, pour leur déchirer la gorge et se repaître de leur chair fraîche ! Enfin, ça c'est ce que prétend le rapport de l'inspecteur Croquette, qui est un tantinet cynophobe. Car les timides aboiements du bon petit pépère débonnaire en vadrouille n'empêchèrent pas la caravane de passer.



Au bout d'une enquête haletante, ils arrivèrent enfin à une ancienne menuiserie. Ils sentirent tout de suite qu'il s'y fermentait quelque chose : en effet, leurs pouvoirs de déduction exceptionnels leur permirent de comprendre instantanément qu'ils se trouvaient à l'Atelier des Brasseurs, étant donné que c'était écrit sur le panneau accroché au portail.


Mais encore une fois, un énorme molosse se mit en travers de leur chemin. Cette fois, il était vraiment gigantesque. L'inspecteur Croquette jura même que le colossal gardien de la demeure avait trois têtes. Le rapport ayant été écrit après l'analyse des stupéfiants produits de la brasserie, il se peut qu'il y ait eu quelques confusions.

François le brasseur et (de gauche à droite) les inspecteurs Rantanplan, Roxie, Milou, Cookie, Croquette, Nietzsche, Finaud, Rex et Cador
Cependant, le chien, accoudé à la rambarde de la terrasse comme un pilier de comptoir, les regarda passer tranquillement d'un air amusé, l'air de dire: "Circulez, y'a rien à boire".

L'inspecteur Rex vous a à l'oeil

Nos agents n'étaient pas dupes et se mirent aussitôt au travail. Ils inspectèrent minutieusement la brasserie. François, le maître des lieux (et du chien), installé depuis quelques mois à peine, ne tarda pas à lâcher le morceau et à révéler tous ses secrets de fabrication puis à passer à la phase de dégustation.



Informaticien de formation et licencié économique, François avait décidé de suivre sa passion pour se reconvertir et se lancer dans la fabrication de la bière. Il aurait même pu leur proposer de brasser une bière avec eux s'ils s'y étaient pris à l'avance.

Reconversion d'un brûleur à Paëlla


Une poule linselloise accourt pour picorer de la drêche
Le zythomissaire avait encore une fois flairé le bon filon. Ils firent quelques perquisitions puis prirent congés de leur hôte et de son chien qui était entre-temps devenu leur meilleur ami.

Un chien aux teintes de la bière, blondes, brunes et ambrées
Cette affaire rondement menée, ils repartirent de plus belle. L'inspecteur Croquette leur mettait la pâtée à la moindre côte. Malgré cela, ils avaient encore sacrément les crocs alors ils se posèrent sur un coin de verdure pour installer le barbecue qu'ils avaient emporté avec eux.



Le temps de cabot mal léché de ce mois de mai ne leur faisait pas peur! D'ailleurs, le soleil ne se montra pas chien ce jour-là et récompensa leur optimisme de ses doux rayons.

Technique d'allumage de BBQ dite de la bouteille
Leur enquête se conclut au bord de la Deûle, en dégustant des hot-dogs, évidemment !


 Merci à l'inspecteur Nietzsche pour l'apport de référents visuels incriminants.


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samedi 14 mai 2016

La quête de la Dive Bouteille

Je suis venu à Saumur avec l'idée d'en rapporter une bouteille de vin. Que dis-je, LA bouteille de vin car je ne peux en prendre plus dans mes sacoches. Ce sera celle qui donnera une raison à ce périple déraisonnable, celle qui donnera tout son sens à cette aventure insensée.

Cependant le terroir de la région est tellement riche que je ne sais pas par où commencer: Saumur-Champigny, Chinon, Anjou, Côteaux de Bourgueil,  Touraine... Je n'ai pas encore bu une goutte d'alcool que déjà la tête me tourne !


Finalement, une évidence s'impose: mon Graal se trouve au pays de Rabelais ! Lui qui, bon vivant et fin connoisseur ès breuvages raisineux, y avait fait vivre tant d'aventures à Gargantua et à son fils Pantagruel. Et, tel ce dernier en son temps, je m'élance moi-même en direction de Chinon et de Cravant-les-Côteaux en quête de la Dive Bouteille. De toute façon, Gargantua me doit bien ça! Lui dont la jument a chassé les mouches si fort avec sa queue qu'elle a rasé tous les arbres de la Beauce et par la faute de laquelle je me suis pris un sacré vent de face!


Je décide également d'en profiter pour rejoindre l'ami Sylvain, un autre vadrouilleur à vélo, qui descend la Loire en compagnie de ses parents.

Quelques kilomètres à peine après le départ, voilà que je m'enfonce dans une épaisse forêt. Soudain des détonations retentissent par salves de quatre tout autour de moi. Tac Tac Tac Tac. Ça n'arrête pas. Les guerres pichrocolines sont pourtant terminées depuis quelques siècles maintenant. Ce n'est donc point cela. Il s'agit en fait de tirs d'entraînement de l'armée et je me rends compte que je suis encerclé de terrains militaires. Il ne vaut mieux pas que je m'éloigne du chemin où je ne donne pas cher de ma peau !



C'est donc ça le véritable son de la guerre, ça me fait froid dans le dos... Malgré tout la forêt est belle et la balade agréable. Le relief est plaisant: assez de buttes pour ne pas s'ennuyer mais pas trop pour ne point fatiguer.



J'arrive bientôt à l'étrange abbaye de Fontevraud puis je mets le cap vers Seuilly et la maison natale de Rabelais. J'aperçois mon premier château, celui de Coudray-Montpensier.


Cela fait déjà un moment que le son du canon s'est estompé. Mais un bruit suspect se déclare au niveau du moyeu de ma roue avant: ma plaquette de frein veut se faire la malle. J'essaie de la remettre en place. J'ai beau me battre avec elle, rien n'y fait, la mule ne veut rien savoir. Je suis donc obligé de l'amputer et de poursuivre mon périple sans si je ne veux pas rester avec mon biclou sur le bord de la route...

Je repars prudemment mais j'ai perdu 30 précieuses minutes dans l'affaire et, si je veux visiter une cave puis retrouver mes compagnons du côté de Villandry, je n'ai pas trop intérêt à trainer.




Après quelques kilomètres, j'arrive à Chinon puis je longe la Vienne et ses coteaux. Je passe devant quelques propriétés viticoles mais aucune ne m'inspire et je ne sais dans laquelle faire halte. Je trace alors mon chemin qui semble se mouvoir de lui-même tellement je file. C'est à dire qu'il est maintenant plus difficile de réfréner les ardeurs de ma monture.

Je passe par Azay-Le-Rideau mais je ne tarde pas car le château est en réparation. Je retrouve ensuite Sylvain et ses parents qui font bombance sur une table de pique-nique en bord de Loire. Ils sont partis d'Orléans et comptent rejoindre la Bretagne en quelques jours. Je fais un bout de route avec eux.



Nous longeons la Loire par des lieux aux noms évocateurs: Villandry, Langeais, Ussé, ... C'est une orgie de châteaux ! L'indigestion nous gagne rapidement. On ne quitte même plus la véloroute pour les admirer de près.



Le temps passe vite en leur compagnie et on arrive bientôt au camping de Chinon où ils ont décidé de bivouaquer pour la nuit, sous la protection de la forteresse qui surplombe la ville. Quant à moi, je poursuis ma route vers Saumur.



Je n'ai hélas pas trouvé la Dive bouteille tant convoitée. Alors dès le lendemain, je remets le couvert ! Mon appétit pantagruélique de vélo n'a point été rassasié par les quelques 160 kilomètres de la veille. Cette fois, je mets le cap sur Doué-la-Fontaine qui semble être un épicentre de la production viticole et dont les environs regorgent de villages troglodytiques.



Auparavant, je passe chez un oracle du vélo afin de faire réparer mon frein et comme il est sympa et que la discussion coule à flot comme le vin dans la gorge de Grandgousier, j'en profite pour lui demander s'il ne connaitrait pas, par hasard, quelque vigneron sympathique à me conseiller. Je repars bientôt avec un vélo opérationnel et une précieuse liste de caves à explorer. L'une d'entre elles a particulièrement retenu mon attention: Le Petit Saint Vincent, un vigneron indépendant et bio qui récolte à la main. Ce sera celle que je visiterai si jamais aucune autre ne me tente en chemin.



Je sillonne la campagne. Le paysage se révèle séveux. Chaque village que je traverse foisonne de troglodytes et rivalise de pittoresque. Et de ces villages, d'innombrables chemins se répandent dans la campagne comme du jus du raisin s'écoulant du fouloir. Ce sont autant d'invitations à varier les plaisirs.



Je passe par l'étrange village de Rochemenier qui, de loin, ressemble à n'importe quel autre village de France, mais dont la majeure partie est subtergée comme un iceberg perdu au milieu d'un océan de labours.



Le soleil capiteux chauffe mes épaules, le vent est charpenté, il a du corps mais reste néanmoins aimable. Le bitume est plutôt soyeux. J'avale goulument les kilomètres de cette enivrante balade. Mais je ne trouve toujours pas la source que je recherche.



 Je change donc la fin de mon itinéraire et je m'arrête devant la porte du Petit Saint Vincent qui se situe à 6 kilomètres à peine de mon point de départ. Ah bah ça valait le coup de faire tout ce trajet, je vous entends déjà ironiser. Peut-être, peut-être...
 

En tout cas, je ne la tiens pas encore entre mes mains cette sacrée bouteille! Car lorsque je franchis le seuil du temple, je m'aperçois que le lieu est en ébullition. Le patron doit prendre l'avion dans quelques heures et finit de préparer une palette à expédier. Et moi, j'arrive comme un cheveu sur la soupe. Mais qu'à cela ne tienne (Étienne !) on me trouve vite une prêtresse pour me faire la dégustation. J'explique qu'étant à vélo je ne peux emporter qu'une seule bouteille mais elle n'en a cure et me fait goûter gracieusement de tous ses vins.
 


Et là, je la reconnais, la bouteille! La Bacbuc qui contient le divin liquide aux arômes exaltés par les kilomètres. J'y retrouve le parfum de la forêt, le goût du tuffeau, la couleur des champs, la chaleur du soleil, la fraîcheur du vent, le mystère des troglodytes, le panache des châteaux... Ce vin n'aurait jamais eu autant de saveurs si je n'avais arpenté la région en long et en large à la force du mollet et chaque gorgée que j'avale me le rappelle distinctement: IN VELO VERITAS !



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jeudi 14 avril 2016

[zythocyclade 09/12 - Brasserie TINA] Récupération active

Vendredi 8 avril 2016

Il paraît, même si cela fait polémique, que la bière serait très bonne pour la récupération après l'effort grâce aux vitamines et aux minéraux qu'elle contient. Et il est vrai, qu'après un périple de 560 kilomètres de vélos en 3 jours, une petite bière pour le réconfort ne serait pas de refus.

Mais peut-on trouver une vraie bonne bière aux abords de la Loire, dans les environs de Saumur, en plein cœur du vignoble?



Et bien oui ! Il existe une alternative aux bières pasteurisées dans le Maine-et-Loire, à 6 km du centre de Saumur: la TINA. Mythe de la bière ou pas, cette minuscule balade de 12km le long de la Loire pourra faire office de récupération active.


La TINA n'a rien à voir avec une bière arhumatisée, c'est en fait l'acronyme du slogan cher à Maggie Thatcher pour prôner l'austérité dans le Royaume-Unis des années 80 : There Is No Alternative.


Le maître-brasseur Jean-Jacques Bossard semble être aussi passé maître de l'ironie.


Car point d'austérité dans le local où il nous fait goûter toutes ses bières ni de manque de fantaisie dans ses recettes: il propose des bières classiques mais s'amuse surtout à explorer des territoires moins arpentés mais tout aussi charpentés comme sa bière au malt tourbé ou comme sa bière au chenin pour laquelle il utilise le cépage typique de la région. Cette dernière présente les fines bulles du vin pétillant et l'acidité rafraîchissante des vins de Saumur.

On n'a donc pas d'autre choix que de les apprécier!

Cette bouteille s'est brisée juste après le transport... Trop de pression du au chenin?