Le vélo qui fait voyager

lundi 17 août 2015

Turkey or not Turkey?

Virág et Palinka débarquent à Yambol. Ils ont appris de la contrôleuse qu'il n'y a pas de train pour Elhovo. Il faut prendre un bus. Ou continuer à vélo.

Mais alors leur plan tomberait à l'eau! Le bus acceptera-t-il seulement d'embarquer le tandem?

De toute façon, pour l'heure (dont on ne sait plus vraiment si elle est exacte ou non), il est trop tard pour penser à tout ça. Ils tâtonnent dans la ville pour trouver un hôtel.

Si au moins ils découvraient une ville magnifique, riche d'histoire et de culture, leur mésaventure avec les flics n'aurait pas été en vain! Mais non, la ville paraît quelconque. Toutefois, ils peuvent se reposer et se restaurer sans problème. C'est déjà ça.


Le lendemain, ils se rendent à la bouillonnante gare d'autobus. Ils se rendent compte, dubitatifs, que les cars sont ridiculement petits et qu'il sera bien difficile de placer le tandem dans leur coffre, même démonté...

Heureusement, la destination qu'ils veulent prendre n'a pas l'air très populaire et en insistant un peu auprès du chauffeur, ils parviennent à installer le vélo dans le fond du bus. Celui-ci n'acceptera même pas qu'ils payent une place pour le tandem. Pourtant Virág et Palinka l'auraient fait de bon coeur. Chic type!


Après 3/4 d'heure de sauna ambulant, les voilà arrivés d'où ils devaient partir.
Mais il fait encore trop chaud pour rouler. Pour changer, ils décident de tuer le temps... au sauna d'un hôtel. Logique!

Palinka ne se prend pas pour Sigourney Weaver. Il y avait un fauteuil de massage aussi...
Après cette remise en forme, ils sont prêts pour passer la frontière qui n'est qu'à une petite quarantaine de kilomètres.

Ils l'atteignent à 19h. C'est autre chose que les postes-frontières intra union européenne mornes et tristounets qu'on passe à la va-vite. Ça rappelle un peu la frontière entre la Belgique et la France autrefois. Côté Bulgare, des magasins foisonnent: bières, soda pas cher, sex shop, ... : ultime chance de se ravitailler! Côté Turc... Rrrien.


Après 3 contrôles, ils passent en Turquie. Il est 20h et ils préfèrent ne pas rouler davantage. Ils ont hâte de partir à la découverte de ce pays mais ils peuvent bien attendre encore un peu.


Distorsion de l'espace temps

Virág et Palinka quittent Veliko par le sud afin de poursuivre leurs tribulations.


Ils croisent des routiers sympas qui les encouragent dans l'ascension d'un petit col des montagnes du  sud de la Bulgarie, une dame généreuse qui leur offre la plus belle grappe de raisin de sa treille et une tomate énorme qui aurait pu les nourrir pendant 3 jours s'ils avaient eu un frigo avec eux.


 Ils traversent une jolie région de champs de vigne où étonnamment rien n'est proposé pour le touriste (ici on fait plutôt dans le TIR groupé). 


Pour finir en beauté, ils plantent leur tente parmi les arbustes avec vue imprenable sur le lac. La frontière turque n'est plus qu'à une centaine de kilomètres! Ils devraient y être après-demain.


Après une nuit de sommeil étoilée, ils reprennent donc la route qui longe le lac et arrivent à Nova Zagora. Il ne sont pas attirés par le charme industriel de la ville alors ils poussent un peu plus loin jusque Radevo. Il n'est qu'11h30 mais la chaleur est déjà écrasante. Le village n'est qu'à 8km mais ces 8km sont sacrément éprouvants! Pas d'ombre et ça monte.

Heureusement, quand ils arrivent au village, un petit restaurant ombragé leur tend les bras. Ils vont pouvoir attendre que les températures se calment dans les meilleures conditions.

C'est alors qu'un Phénomène d'Oblitération de la Logique Inter Chrono Espace se produit soudainement. Impossible de dépasser Radevo. Ils vont se retrouver pris au piège du temps dans ce village. Pire, une translation spatiale les emmènera de nouveau à Nova Zagora la moche!

Autrement dit, 3 policiers débarquent et un officier zélé leur demande leur papiers...

Virág et Palinka s'exécutent. Le policier prend leurs documents et rejoint sa voiture... Où il reste pendant 1/2h. Virág et Palinka se demandent si c'est bien normal tout ça. Le policier leur dit qu'il ne peut pas vérifier leur identité, qu'il faut attendre la venue d'autres agents.

Une autre demi-heure s'écoule. 

Toujours personne. Le Zélé propose alors d'aller au commissariat. Oui, mais le vélo, et les sacoches ? Tout ça resterait ici. Il n'en est pas question! Si Virág et Palinka doivent se rendre au commissariat, ils iront avec leur vélo en suivant la voiture de police! Il se trouve où ce commissariat d'abord? Nova Zagora... C'est une blague? Ils devraient refaire 2 fois tous les kilomètres durement pédalés? Et bien ils attendront les policiers capables de vérifier leur identité ici alors.

Une heure passe.

Virág et Palinka auraient dû repartir maintenant...

Une autre demi-heure... 2 cowboys en civil arrivent. Ils sont agités. Ils ne peuvent pas vérifier les papiers non plus, il faut aller au commissariat.

Toute cette attente pour ça? Pour rien? La frontière turque commence à s'éloigner tout à coup.

Le zélé propose de mettre le vélo dans la mairie et de ramener Palinka et Virág ensuite. Ça semble raisonnable, mais vu l'organisation de la police (pour l'instant, 5 policiers, 2 voitures et plus de 2h ont été mobilisés pour un simple contrôle d'identité) la mairie risque d'être fermée à leur retour! S'ils doivent bouger, Virág et Palinka suivront la voiture avec leur vélo.

Mais les cowboys décrètent que ce n'est plus possible. Il faut venir en voiture et abandonner le tandem là.

Qu'est-ce que c'est que cette blague encore? Appel à l'ambassade. Les cowboys se calment puis disparaissent.

Mais rien à faire, il faut impérativement se rendre au commissariat en voiture.
Virág démonte alors le tandem pour le mettre dans le coffre mais le vélo ne passe pas, évidemment.

Un pick up fourni par un gars du coin apparaît. Mais il n'est pas question que Virág et Palinka y mettent leur tandem. Ils ont déjà perdu leur journée, s'ils doivent aller au commissariat, ce sera dans une voiture de police !

Une demi-heure plus tard arrive une 2e voiture de police avec 2 nouveaux policiers. Et tout le monde part en direction de Nova Zagora. Pour l'instant, 7 policiers, 3 voitures, 6 allers-retours de 16km et 3h ont été nécessaires... et leurs papiers n'ont toujours pas été vérifiés.

En route, ils contemplent tout le chemin qu'ils ont durement parcouru en sens inverse. Que d'efforts pour rien!

Arrivés au commissariat, ils doivent encore attendre. Un huitième policier est affecté à leur surveillance!

Une demi-heure de plus...

Les papiers sont en règle. Comme c'est étonnant ! Mais il faut maintenant remplir de la paperasse administrative.

Encore une demi-heure...

Selon l'horloge du commissariat, il est 17h30 alors que le GPS de Virág indique 16h30. Cet endroit est vraiment décalé et ils découvrent ainsi qu'ils perdent une heure supplémentaire.

La police leur propose des bouteilles d'eau fraîche, de les ramener à Radevo. Ils refusent tout. Ils aimeraient juste qu'ils leur rendent le temps perdu mais c'est impossible.


Ils remontent le vélo et changent leurs plans. Pour continuer leur aventure sans être pénaliser par ce retard, ils vont prendre un train à la gare.


Les voilà donc partis en direction de Yambol où ils pensent attraper une connexion pour Elhovo, la ville qu'ils espéraient atteindre aujourd'hui s'ils n'avaient pas flirté avec la 4e dimension!


mardi 11 août 2015

A Vélo à Véliko

Virag et Palinka se réveillent après avoir passé la nuit dans la garrigue bulgare. Il leur reste juste assez d'eau pour se faire un café puis ils se mettent en route.
Sauvez-vous repérer notre nouvelle amie?
Il ne fait pas encore très chaud et le prochain bled n'est qu'à une heure de pédalage. Cependant, on n'a jamais plus soif que lorsqu'on ne peut s'abreuver !


Et ce ruisselet qui les narguent de son clapotis!  En pleine montée en plus!
Fort heureusement, il annonçait la présence d'un lavoir où des gypsies s'affairaient à nettoyer leurs tapis.

Et un peu plus haut: la Source! Aucune eau n'a jamais été aussi bonne.

En Hongrie l'eau était ferrugineuse ce qui lui donnait un goût de sang. En Roumanie, elle était excellente pour la santé mais elle avait un goût et une odeur de souffre tandis que sa consistance était plutôt visqueuse. Celle-ci est juste parfaite! Meilleure que le champagne le plus fin, même ! Mais c'est facile, Virág n'aime pas trop le champagne.



Ils poursuivent à travers des champs de tournesols vallonnés. Alors qu'ils sont perdus au milieu de nulle part, ils ne croisent plus autant de charrettes, les routes sont en meilleur état et les maisons plus coquettes.


Les bulgares ont l'air de mieux s'en sortir que les Roumains. Ils sont moins nombreux aussi. Et surtout, ils ont l'air plus pragmatiques. Ou moins victimes de la corruption... Ou moins crédules...

Tandis que leurs routes sont en graviers et que leurs ponts s'écroulent, les Roumains ont entre 2 et 4 églises flambant neuves jusque dans le plus petit et le plus reculé des villages. Elles sont plus opulentes et plus colorées les unes que les autres. Certainement pour mieux prier afin que le pont ne s'écroule pas ou qu'au moins il les épargne dans sa chute.

Ils auraient dû construire une 5e église !

En Bulgarie, il y a moins d'églises et certaines tombent même en ruine. les Bulgares préfèrent rénover leurs parcs et leurs routes. Autre pays, autres façons de faire face aux problèmes!

Petite église perdue en pleine campagne roumaine

Par contre, fini les límonadas fraîches de toutes sortes (à la menthe, avec de l'eau gazeuse, en granité, ...) et servies dans de petits pichets. Les bulgares ne maîtrisent pas cet art...


Ils klaxonnent aussi beaucoup moins. Les Roumains adorent klaxonner ! Mais attention, ils ne klaxonnent généralement pas pour exprimer leur agacement due à la présence de cyclistes. C'est plus souvent un petit signe pour indiquer qu'ils les ont vu voire même pour demander s'ils peuvent doubler dans les rues étroites.


Virág et Palinka ont mis au moins une semaine pour comprendre ça et arrêter de s'énerver pour rien! Faut dire que ça leur paraissait quand même bizarre tous ces schizophrènes qui les houspillaient puis  qui leur faisaient de larges sourires et de grands gestes d'encouragement... Maintenant, ça leur manquerait presque!

Pause vers midi. Une fille tombe littéralement à la renverse en voyant leur équipage. Obnubilée par la curiosité, elle a loupé la bordure et s'est tordue la cheville. Comme c'est un peu de leur faute, ils lui offrent un coca...

Sieste à 14h en attendant que les températures s'adoucissent.  Les petits vieux du coin font un raffut d'enfer. Comme c'est un peu de leur faute (le tandem provoque souvent des discussions animées), ils leurs achètent des sonotones... Enfin, ils aimeraient bien!

Peu après, ils atteignent la magnifique capitale des Tsars bulgares: Veliko Tarnovo. D'où qu'ils se trouvent, la vue est splendide.



La route n'était pas très exigeante et pourtant ils se sentent bien las... Ah oui, 150km en 2 jours quand même !  Ils méritent bien une nuit supplémentaire pour profiter pleinement de ce site somptueux!


lundi 10 août 2015

Rusé, comme des moines

Virág et Palinka tiennent quand même à franchir la frontière à vélo.
D'abord pour le principe et pour traverser le majestueux Danube mais aussi parce que ça revient 2 fois moins cher en train de s'arrêter à Giurgiu Nord que de pousser jusque Ruse de l'autre côté du fleuve.


Il faut ensuite traverser un pont payant pour les automobilistes. Il y a des files à cause de travaux de réfection de l'ouvrage. Les gens semblent être là depuis un bon bout de temps. Certains ont presque sorti les tables de camping. Virág et Palinka n'ont pas à attendre. Ils remontent tout le monde. Les guichetières leur font signe de passer. C'est donc gratuit pour les cycles. Et en un rien de temps ils se retrouvent en Bulgarie pendant que les automobilistes ont certainement commencé une partie de belote.



Quelques kilomètres plus loin ils arrivent à Ruse ou Pyce ou Roussé ou je ne sais quoi encore. Personne ne semble s'être mis d'accord sur le nom de la ville. Une seule chose est sûre, elle est séduisante alors ils décident d'y passer la nuit.


Virág est même aux anges: il y a un office de tourisme! Ouvert en plus et grâce auxquels ils dénichent le meilleur hébergement de la ville: le English Guesthouse. Chambre double spacieuse avec wifi, cuisine, air-conditioné et patinca (gâteau bulgare du petit déjeuner) maison inclus. Seul le gâteau est salé, pas la note!


Ils vont ensuite se promener dans la ville. Ils y découvrent une petite église de rien du tout. Pourtant elle est indiquée sur la carte de l'Office de tourisme (grâce lui soit rendu!) comme étant la cathédrale de la ville... Effectivement, une fois à l'intérieur, les volumes sont immenses : c'est une église semi-enterrée !



Le lendemain ils partent en direction de Veliko Tarnovo. Mais comme la patronne de l'auberge leur a indiqué un monastère troglodytique sur le chemin, ils rallongent leur parcours pour voir ça de plus près.


Enfin... si les gens veulent bien les laisser y aller car au bout d'un moment des passants leur font signe de faire demi-tour. Pour leur éviter un cours passage dans la caillasse et un chemin de terre plutôt champêtre, ils veulent leur faire faire un énorme détour. Mais c'est mal connaître Virág et Palinka ! S'ils savaient que ce n'est pas le premier ni le dernier chemin défoncé que le tandem passera avec aisance! Devant leur obstination, un type en mobylette décide de leur servir d'escorte et leur ouvre la route.


Arrivés au monastère, ils sont accueillis en musique! Ils s'attendaient à un lieu de calme et de recueillement mais c'est dimanche et des enfants se font baptiser. Les familles ont apporté des chocolats et de la brioche. Les gens dansent au rythme de l'orchestre. Tout ça est très joyeux.


Un moine à l'air débonnaire semble même vouloir engager la discussion: "Germanozé, françozé?" leur demande-t-il. En réalité il veut seulement leur réclamer 8 leva. Comme il a plus le physique d'un fan de métal satanique que de St Dimitri, Virág et Palinka s'exécutent sans chercher à comprendre car aucun prix d'entrée n'est affiché. C'est pas très orthodoxe mais il n'y a pas à dire, ils sont forts en business les moines du coin!


Ensuite, ils suivent le cours d'une rivière par une petite route ombragée qui se transforme en chemin de terre puis en étroit sentier herbeux tandis que la rivière se mue en lac et en canyon. Heureusement qu'ils ont une bonne carte sinon, ils seraient vite perdus!


La beauté sauvage du paysage leur fouette la rétine comme les branches qui bordent le sentier leur flagelle les bras et les jambes.

Si après ça ils ne sont pas canonisés, ce serait un miracle !

dimanche 9 août 2015

Drum Bun

Bucarest, Gara de Nord. Le tandem est dans le train alors que ce dernier n'accepte soit disant pas les vélos. En plus, il voyage gratuitement. Virág et Palinka sont donc très relax pour quitter Bucarest. C'est comme ça la Roumanie. Ce qui va de soi semble compliqué alors qu'il y'a toujours un arrangement pour ce qui est impossible. Des voyageurs les aideront même à descendre tout leur bazar et un policier à remonter le tandem.


Ce soir, Virág et Palinka passeront donc leur première nuit en Bulgarie.


Mais qu'ont-ils fait ces derniers temps?

Ils viennent de se reposer 3 jours à Bucarest dans la famille d'une amie roumaine vivant en France.

Ils ont été mieux accueillis que le roi Carol 1er au château de Pelés. Ils ont pu se reposer après leur périple dans la montagne et reprendre tous les kilos qu'ils avaient perdus en se régalant des bonnes soupes froides à la tomate, du mamaliga, des confitures, des placintas et des tortes que Dorina leur a préparé.


Comme c'était l'anniversaire de Viràg, ce dernier a même eu le droit à sa chanson d'anniversaire en roumain!


Par contre, Bucarest n'a pas le charme facile et présente de grands boulevards vides où les bâtiments en friche côtoient des buildings flambants neufs. Les pistes cyclables ont été créées par un tueur de cycliste en série et la vieille ville a peu de monuments à offrir. C'est plutôt un immense bar à ciel ouvert. Il faudrait dépenser beaucoup de temps et d'énergie pour découvrir les pépites dont Bucarest recèle certainement.


Viràg et Palinka se sont donc contentés de siroter différentes sortes de límonadas au soleil, de lancer des débats sur la place des testicules de dinde dans la gastronomie roumaine et surtout de paresser dans les différents parcs de la ville.


Et ça leur a fait beaucoup de bien. Car ils sont arrivés épuisés après leur traversée des Carpates.

Ils ont tout d'abord profité d'une accalmie pour dévaler les pentes sud de la Transfagarasan. Ils leur a fallu à peine 4h pour parcourir les 80km qui les séparaient de Curtea de Argès, la ville où Vlad Tépès serait enterré. En chemin il sont passés par un monumental barrage où des oiseaux leur ont offert un spectacle d'acrobaties aériennes de toute beauté.



Mais la pluie les a aussi rattrapé. Ce n'était pas gênant car il faisait bon mais ils sont quand même trempés. Ainsi, ils décident de se dégoter une pension pour la nuit.

Celle qui leur fait de l'œil s'appelle le Paradis. Ils auraient dû se douter que pour y aller ce serait l'enfer car forcément, elle se trouvait au sommet d'une côte aux pourcentages infernaux. Même si d'après les panneaux, aucune pente ne fait plus ni moins de 8% en Roumanie.

Lubie de Ceaucescu qui voulait interdire aux montagnes des élévations déraisonnables ou promotion sur les panneaux? On ne saura jamais! En tout cas, la pension était effectivement un vrai jardin d'Eden. Et il y avait des hamacs pour profiter du soleil couchant en sirotant une bière.


Le lendemain, leur hôte leur offre un pot d'une délicieuse confiture de rose maison en souvenir puis ils prennent la direction de Bran.

Ce devait être une étape de transition mais la route ne fait que monter et descendre. Heureusement, ils font la rencontre de Nikolaus, un sympathique cyclo viennois avec qui ils font un bout de route.


Même s'il doit y en avoir beaucoup d'autres, c'est la première fois qu'ils croisent un autre cyclo sur leur itinéraire. Ensembles, ils visitent un monastère puis continuent chacun de leur côté.

Nikolaus se rend aussi en Turquie mais il va couper par Targoviste tandis que Virág et Palinka continuent par la montagne.

Ils ont passé les difficultés du jour et sont prêts pour affronter le col de Ruçar-Bran le lendemain.


Ca devrait aller car ils partent de 680m pour atteindre 1270m. A peine 600m de dénivelé, une simple bosse après le col Balea. Mais là où la Transfagarasan était d'une loyale régularité, celui-ci est un sacré fourbe. Au bout d'une demi-heure d'effort à peine, ils sont déjà arrivés au sommet. C'est louche, ils ne sont qu'à 850m... Ils redescendent jusque 740m pour remonter jusque 1140 puis encore une fois pour remonter jusque 1270. Soit à la louche 200m de D+ supplémentaires! C'est ce qu'on appelle le 2e effet kiss-col !


Mais les gens sont sympas et les encouragent au passage: "Gré-ou, gré-ou" ! Un tzigane arrête même sa charette en les voyant et entame une danse au moment où ils passent. Elle doit etre bonne la tsuica du coin!

Récompense ultime, ils trouvent une jolie Pensiunea au pied du château de Bran qu'ils ont encore la force de visiter le jour même.


Eh oui, pour se relaxer après une dure ascension, Virág et Palinka ne trouvent rien de mieux à faire que de gravir d'innombrables marches d'escaliers !

Le château est associé à la terrible légende de Dracula mais loin d'y trouver une lugubre demeure, ils découvrent un joyeux château de campagne digne de conte de fée. L'exposition aborde le mythe évidemment, mais ce n'est pas le sujet principal et la visite est agréable.


Pour finir en beauté leurs pérégrinations carpatiennes le jour suivant, ils se rendent au Château de Pelès. En le voyant, ils se demandent si l'étymologie du mot "romantique" ne vient pas de "Romania". C'est très beau mais, assaillie par les touristes, la visite se révèle plus éprouvante que le dernier col qu'ils ont dû franchir pour arriver ici. Et pourtant, avec la chaleur, la fatigue et la circulation intenses, ils en ont bavé!


On peut dire qu'ils ont trouvé les cols des Carpates chauds mais tellement beaux! Malheureusement, il faut savoir faire abstraction des détritus de toutes sortes que les Roumains laissent traîner partout...


Ce côté de la transylvanie est extrêmement touristique et comme il n'y a pas d'autoroutes en Roumanie, l'unique accès pour la capitale est trop fréquenté à leur goût. Ils poursuivent donc leur périple jusque Bucarest en train.


Ils auraient encore dû traverser une plaine grillée par le soleil. L'ayant déjà fait en Hongrie, ils n'avaient pas très envie de recommencer. Ils étaient déjà assez cuits comme ça!